Né en 1924 dans une famille issue du peuple peul, musulman, autodidacte, président de son pays de 1960 à 1982, Ahmadou Babatoura Ahidjo a su naviguer entre les velléités d’indépendance des Camerounais et la volonté de la France de maintenir des relations privilégiées avec son pays.

 

Une éducation peule, entre Islam et école primaire

Ahidjo est né à Garoua, un important port fluvial le long de la rivière Benue au nord du Cameroun, qui était à l’époque un territoire de mandat français. Sa mère était une Peule descendante d’esclaves, alors que son père était un chef de village Peul.

 

La mère d’Ahidjo lui a donné une éducation musulmane en l’envoyant l’école coranique.

En 1932, il a commencé à fréquenter l’école primaire du gouvernement local. En 1939, après un premier échec l’année précédente, il finit par obtenir son certificat d’étude, ce qui lui permit de rentrer au lycée de L’École Primaire Supérieure de Yaoundé. Le but est de pouvoir entamer par la suite une carrière dans la fonction publique.

 

Trois ans plus tard, en 1942, il atteint son objectif, et travaille comme opérateur radio pour la Poste dans la fonction publique, ce qui lui permet de voyager sur tout le territoire de la colonie, et aurait permis de forger l’idée d’une identité nationale camerounaise, par delà les différences ethniques.

Une intense vie politique

Onze ans après son entrée en politique, Ahmadou Ahidjo devient entre janvier et mai 1957 le président de l’Assemblée législative du Cameroun.

 

La même année, il obtient le poste de vice-premier ministre dans le gouvernement du chef de l’État de facto André-Marie Mbida.

À l’indépendance en 1960, Ahidjo, en tant que dirigeant de l’Union Camerounaise, fut élu président et il persuada une partie du Cameroun britannique de rejoindre son pays.

Il a été réélu en 1965, 1970, 1975 et 1980, établissant progressivement la domination totale de son propre parti et interdisant tous les autres en 1976.

 

Un groupe du nom d’Union des peuples du Cameroun se mit à lancer une révolte dans les années 60, qui fut démantelé en 1970. Ce fut en 1972 que fut mis en place la nouvelle constitution qui a mis fin à l’autonomie du Cameroun britannique et créa la République Unie du Cameroun, qui devint en 1975, après un autre référendum, la République du Cameroun. Sa poigne a permis à son pays de devenir l’un des plus stables d’Afrique. Il était considéré comme plus conservateur et moins charismatique que la plupart des dirigeants africains post-coloniaux, mais ses politiques ont permis au Cameroun d’atteindre une prospérité similaire.

 

Un retrait forcé de la vie politique

En 1982, pour des raisons de santé, Ahmadou Ahidjo se retire de la présidence du Cameroun, et laisse la place à son premier ministre Paul Biya.

La même année, une confrontation s’était engagé entre les deux hommes, entraînant le départ et l’exil le 19 juillet 1983 de l’ancien président pour la France. En effet, le président Biya affirmait le 22 août qu’Ahidjo était impliqué dans un complot, alors que ce dernier accusant Biya d’abus de pouvoir et de menacer l’unité du pays. C’est ainsi, que depuis son exil, il fut condamné en 1984 à la peine de mort.

Il décède en 1989 d’une crise cardiaque à Dakar au Sénégal.