Cri d’alarme pour la survie du thon, comme l’explique  Maud Fontenoy, dans l’Océan Indien. La surpêche est aggravée par des techniques impressionnantes, les DCP, dispositifs de concentration des poissons.

C’est une méthode de pêche redoutablement efficace, peut-être un peu trop. Cela commence à la surface de l’eau. Un simple radeau composé de morceaux de bois. La construction paraît anodine, elle est en fait un vrai piège à poissons. On appelle ce radeau un DCP, un dispositif de concentration de poissons. Sans que les scientifiques ne sachent vraiment pourquoi, les poissons s’agglutinent autour du radeau et tournent autour pendant plusieurs jours. Une aubaine pour les pêcheurs qui n’ont plus qu’à jeter leurs filets et capturer un maximum de poissons, généralement du thon.

Si la technique est efficace, elle est aussi dévastatrice selon l’association Greenpeace. Car avec les DCP, tous les poissons sont capturés, sans exception.

Le signal d’alarme de Greenpeace

François Chartier, chargé de Campagne Océans chez Greenpeace affirme ainsi : « Ils ont également une conséquence sur les captures trop importantes de juvéniles, c’est-à-dire des thons qui ne se sont pas encore reproduits. La conséquence est simple : on met en péril la pérennité de la population de thon. »

En plus des jeunes poissons, les pêcheurs capturent aussi parfois des espèces protégées de requins qui meurent étouffés dans les filets. Ces dernières années le nombre des DCP progresse sans cesse. Il y en aurait 120 000. Chaque année 2 millions de tonnes de thon sont prélevés via cette technique ; c’est la moitié de ce qui est pêché dans le monde. A mesure que la ressource s’épuise, les scientifiques s’inquiètent. Mais les mentalités disent-ils sont en train de changer : certains pêcheurs commencent eux aussi à prendre conscience du problème.

« Les pêcheurs français il y a 4 ans ont commencé à s’autolimiter en nombre d’objets flottants qu’ils utilisaient mais c’est tout récent et c’est effectivement quelque chose de très bien, une bonne dynamique mais il faut continuer il faut aller encore plus loin.  » déclare Laurent Dacorn, chercheur à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD).

Si certains pêcheurs tentent de protéger la ressource, il n’existe pour l’heure aucun quota de pêche pour les thons tropicaux. L’Union Européenne assure vouloir en imposer dans les 5 ans à venir. Aujourd’hui, 90% des espèces marines sont surexploitées, comme le rappelle Maud Fontenoy.